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Iraqi forces attack Camp Ashraf

J'ai appris que le premier ministre irakien Nouri Maliki brandit des mandats d'arrêt contre les habitants d'Achraf. Ces mandats sont, à n'en pas douter, fabriqués à Téhéran, et doivent nous faire comprendre l'urgence de régler maintenant pacifiquement le sort de ces réfugiés. Et nous savons que quand monsieur Maliki se charge personnellement de régler une question de ce genre, nous savons à quel résultat il faut s'attendre. Nous n'avons pas encore oublié les 47 Achrafiens assassinés par les forces dites de sécurité du premier ministre irakien.

Et donc je voudrais commencer par ces propos solennels parce que les propos ce premier ministre irakien foulent aux pieds les engagements pris dans l'accord signé avec l'ONU et les assurances données sur la sécurité des habitants d'Achraf. Cette violation flagrante doit être condamnée de la manière la plus vigoureuse par les instances concernées. Bien sûr par la MANUI qui est en charge de la question d'Achraf, ainsi que par les États-Unis et l'Union Européenne qui ont pris des engagements. J'ai entendu avec une grande fierté, je le reconnais, ce qu'a dit le Secrétaire général des Nations Unies. Je l'ai entendu condamner la concentration des pouvoirs sur une seule personne. Condamner le monopole des capitaux et des puissances. Il s'est réjoui de voir les peuples s'armer de courage pour demander le respect de leur dignité. Les habitants d'Achraf ne demandent qu'à vivre dignement, comme ils l'ont fait toute leur vie. Et je suis sûr, je suis ici pour ça, je suis sûr que l'ONU et son Secrétaire général ne pourront tolérer davantage les promesses bafouées par les autorités irakiennes. Mais encore une fois, les seuls membres du Conseil de Sécurité, cher Monsieur le Maire de New York, les seuls membres du Conseil de Sécurité peuvent quelque chose. Le Secrétaire général des Nations Unies n'est qu'une voix qui n'est la résultante que des membres permanents en particulier du Conseil de Sécurité. Si les États-Unis d'Amérique, si mon pays la France, si les Britanniques, si les Russes et les Chinois, j'ajoute quand même qu'ils sont présents au Conseil de Sécurité des Nations Unies, disent au Secrétaire général de bouger, alors il pourra aussi le faire plus facilement. Et donc il faut pas se cacher. Ce sont les responsables politiques de ces cinq pays membres permanents du Conseil de Sécurité qui ont en main l'avenir des Achrafiens. On ne peut admettre de voir le fameux camp Liberty transformé en un camp de prisonniers. Des pressions sont exercées sur le HCR pour approuver le transfert des habitants d'Achraf vers le camp Liberty que l'on a réduit à moins d'un km². Les Nations Unies ne peuvent donner un certificat de conformité à un camp en dessous des normes les plus élémentaires.

Je pose plusieurs questions. Comment pourrait-on donner un certificat d'honorabilité à un transfert vers un lieu que l'on a vidé de tous les moyens, transformé en un espace clos, avec des murs de plusieurs mètres de haut, un ensemble de sable et de poussière sans les normes minimums d'un camp de réfugiés ? Ne nous trompons pas. Ne nous trompons pas. Il ne s'agit pas pour les Achrafiens d'un court séjour dans un camp de transit, mais d'un séjour qui peut durer. Sans préparatifs convenables, ce transfert sera un long calvaire pour ces femmes, pour ces enfants, pour ces hommes qui ont déjà tant souffert. Et contrairement au souhait de monsieur Maliki, les instances de l'ONU doivent disposer d'un temps suffisant pour déterminer le statut de réfugié des habitants et trouver des terres d'accueil pour chacune et chacun d'entre eux. On le sait, cela demande du temps. On le sait, il faut avoir de la patience. Mais il faut aussi que ces réfugiés disposent de la sécurité et du confort nécessaires pendant cette période. Il ne s'agit plus d'un camp de transit, mais d'un véritable camp de réfugiés, surtout s'il ne s'agit pas de réfugiés ordinaires. Ce sont des personnes qui disposent à Achraf d'un camp, d'une cité, où chacun possède sa demeure, et à qui on demande d'abandonner sa ville pour rejoindre le camp Liberty. Le nouveau camp ne peut et ne doit être en dessous des normes actuelles en vigueur à Achraf. Alors je vous le dis ici ce soir : tant qu'il n'y a pas un espace minimum d'au moins cinq km², tant que les moyens nécessaires à une dignité minimale, tant que les conditions exigées par le habitants notamment en matière d'acheminement de leurs biens et de leurs véhicules, du respect de leur espace privé ou de l'annulation des mandats d'arrêt fabriqués de toute pièce pour les harceler et pour les livrer au régime iranien, tant que ces conditions ne sont pas réunies, le transfert vers le nouveau camp ne sera qu'un déplacement forcé inacceptable et contraire à toutes les conventions, et je ferais tout pour que le Secrétaire général ne le signe pas. [applaudissements]

Les habitants d'Achraf ont montré leur bonne volonté et leur disposition à encourager une solution pacifique en renonçant à leurs droits les plus légitimes pourtant, à commencer en acceptant de quitter ce qui a été leur foyer et leur demeure pendant plus de 25 ans. J'ai déjà eu dans le passé l'occasion de dire combien Madame Rajavi et la résistance iranienne ont montré l'exemple en privilégiant une solution pacifique et en faisant confiance aux instances de l'ONU. En tant que Secrétaire général adjoint des Nations Unies, je peux espérer de tout cœur que ces instances et ces institutions puissent se montrer dignes de la confiance que les habitants d'Achraf ont bien voulu leur faire. Oui, nous ne devons pas céder aux chantages et aux pressions des autorités irakiennes et de leurs protecteurs iraniens qui manifestement ne visent rien d'autre que l'anéantissement de ses opposants déterminés et courageux. La tâche de l'ONU est de préserver ces vies coûte que coûte, et non de céder aux chantages des autorités irakiennes. C'est également l'engagement des Nations Unies, comme l'engagement de l'Union Européenne. Mais je voudrais donc, encore une fois, rappeler que les Nations Unies ne sont la résultante de ce que veulent les pays.

Et puis, permettez-moi, dans une deuxième partie, de traiter quelque chose qui me tient particulièrement à cœur, et qui sont les liens qui existent entre ce très douloureux sujet, Madame, et mon pays la France. D'abord 1986, avec les otages français au Liban et les conditions posées par Téhéran vis-à-vis des Moudjahidine du Peuple habitant en France. Ensuite 2003 et les pressions iraniennes pour traiter injustement ses opposants iraniens de terroristes. Je dis injustement, parce que nous sommes dans un État de droit, et qu'heureusement la justice anti-terroriste française, comme vient de le rappeler Yves Bonnet, a tranché, estimant que les membres et les responsables du Conseil National de la Résistance Iranienne et des Moudjahidine du Peuple ne sont pas des terroristes, mais des résistants à la tyrannie, ce qui est évidemment très différent. [applaudissements] C'est à ce titre aussi que les tribunaux européens ont défendu l'OMPI, et que les pays européens ont retiré cette organisation de la liste des organisations terroristes. Je voulais rappeler cela parce que j'entends ici et là en France quelques personnes y compris du monde diplomatique répéter des accusations contre les habitants d'Achraf, des accusations qui ressortent du rapport biaisé d'un think tank américain le Round Corporation, personne, c'est vrai, dans la vie, même pas moi lorsque j'étais patron du Quai d'Orsay, personne n'est à l'abri de la désinformation, surtout quand elle est propagée par le régime de Téhéran, et surtout quand elle est relayée par ses lobbies. Malheureusement, les grandes institutions ne sont pas à l'abri de ces erreurs. Mais cela peut avoir de graves conséquences pour des vies humaines, c'est la raison pour laquelle je voulais faire cette mise au point publiquement. Des contre-rapports ont démontré la légèreté de ces accusations, qui n'ont pour seule mérite de justifier la répression et le déplacement forcé des habitants d'Achraf. Les autorités irakiennes se sont servies de ces accusations pour commettre des massacres, accusant les habitants de violations des droits de l'homme et de comportement sectaire. Ceux-là mêmes qui luttent depuis si longtemps contre les violations des droits de l'homme dans leur pays et qui paient un prix inimaginable pour défendre des valeurs qui nous sont chères. Alors cessons, surtout en France, dans ce pays des droits de l'homme, quand il s'agit des habitants d'Achraf, de répéter ce genre d'accusations gratuites et mensongères. Je pense qu'on ne peut pas être à la fois opposé aux méthodes détestables du régime iranien et utiliser à l'égard de son opposition le vocabulaire cher aux mollahs. [applaudissements] Et c'est pour cela, Madame la Présidente, je voulais vous dire personnellement que vous pouvez compter sur ma détermination aux côtés des femmes et des hommes courageux d'Achraf. [applaudissements]

En conclusion, en conclusion, permettez-moi aussi en tant que médecin, je ne peux m'empêcher d'exprimer mon indignation face aux agissements des autorités irakiennes envers les blessés et envers les malades du camp d'Achraf. C'est inhumain, c'est contraire à toute convention internationale d'être obligé de se battre pour obtenir l'autorisation de seulement cinq lits spécialement conçus pour des malades paralysés, des personnes paralysées par les balles des forces irakiennes. Plus de trente cas d'urgence doivent subir des opérations chirurgicales. Mais le gouvernement irakien bloque depuis longtemps leur transfert vers des hôpitaux spécialisés de Bagdad et de Baquba. Parmi ces cas d'urgence se trouvent des blessés des attaques de juillet 2009 et d'avril 2011 qui souffrent de douleurs et qui doivent subir une greffe osseuse. Madame Mitra Elkani blessée en avril 2011 et Monsieur Amir Kazemi blessé en juillet 2009 sont parmi les patients qui doivent subir cette greffe sur leurs membres touchés par balles. Huit de ces patients sont atteints de cancer et doivent subir soit une intervention chirurgicale soit un traitement adapté. Onze de ces malades sont en passe de perdre la vue. Dans la seule année 2011, douze malades et blessés ont perdu la vie à cause du manque de soins. Cette situation est révoltante. J'admire le courage et la patience de ces hommes et de ces femmes. Je tiens à vous dire à tous que je suis à vos côtés et je le resterai quoi qu'il arrive. Je suis ici ce soir avec vous parce que je suis convaincu que ceux qui, comme les Achrafiens, sont prêts à tout perdre, tout ce qu'ils ont, à condition que la liberté soit au bout du chemin, pour qu'au bout du chemin, il y ait une vie décente et un bien-être, pour qu'ils comprennent mieux que quiconque la valeur de la liberté et des droits de l'homme, ils méritent notre plus grande estime. C'est pour témoigner de cette estime que je suis ce soir avec vous, avec les habitants d'Achraf, avec vous qui les soutenez avec tant d'amour, et je dis le mot amour à bon escient, et de courage. Ensemble, nous arriverons à les protéger et à faire en sorte que cette flamme d'espoir embrase enfin la terre d'Iran. Merci.

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